Elle y était allée. L’ambassade se dressait au centre de la place, elle avait eut du mal à oser sonner à l’interphone. Le garde était désagréable et il lui avait fallu de temps avant de pouvoir franchir le premier portail, la fouille et le contrôle d’identité, tout cela pour arriver, mal à l’aise en jean et basket dans un grand salon aux murs dorés.
Incapable de s’asseoir elle avait tourné en rond pendant une dizaine de minutes avant d’aller à la fenêtre, perdue dans ses pensées elle n’avait pas entendu la porte.
-Mademoiselle.
La surprise l’avait fait sursauter à ce moment là, elle c’était retournée
Les coups frappés à la porte interrompirent sa rêverie. Elle se redressa brutalement pour faire face à la porte assise au bord du lit mais ne répondit pas. Après quelques secondes de silence on frappa de nouveau à la porte.
-Entrez !
La jeune femme portait la jupe bleue et le chemisier blanc des employés. Elle inclina légèrement la tête avant de demander.
-Monsieur voudrait savoir si vous comptez manger avec eux ce soir.
L’adolescente n’avait même pas cherché à retenir un petit rire ironique.
-Je n’ai pas très faim.
Elle c’était levée pour signifier clairement qu’elle ne dirait plus rien. Mais dés l’instant où elle c’était retrouvée seule elle avait recommencé à écrire.
Je me souviens de ma première rencontre avec l’ambassadeur. On ne peut pas dire qu’il porte vraiment Kevin dans son cœur. Il faut dire que je n’avais jamais vu un gamin aussi insolent et autoritaire. Mais à partir du moment où les adultes ne donne pas de limites je ne crois pas qu’on puisse vraiment considérer l’enfant comme coupable. Tout le contraire de sa sœur qui elle, est adorable. Mais bon, après deux heures j’avais failli abandonner au moins pour lui. J’étais épuisée et surtout complètement exaspérée. Il faut dire qu’il ne doutait de rien.
-Ici c’est moi qui décide et toi tu dois m’obéir !
-Non !
-C’est mon père qui paye et si je lui dis il te donnera rien !
-Ton père ne me renverra pas pour avoir fait mon travail !
-Si !
-Je ne crois pas .
-SI !
-Je ne crois pas.
Les cris de l’enfant avaient finit par attirer la gouvernante, et pour avoir la paix cette dernière avait cédée au caprice. Victoire était furieuse. Et lorsqu’elle c’était retrouvée devant le père des enfants et devant l’ambassadeur elle avait déballée son sac.
L’adolescente tourna les pages de son journal pour retrouver celle qui correspondait à ce moment précis.
14 décembre
Aurais-je osé parler de cette façon si j’avais su à qui je m’adressais exactement ? Non probablement pas ! Mais je n’aurais pas non plus accepté de donner les cours ! En tout cas je crois qu’il n’avait pas l’habitude qu’on lui parle comme ça surtout à propos de ses enfants. Je ne sais même plus ce qu’il a dit exactement ! Mais c’était quelque chose comme ça :
« Hé bien voilà une jeune fille qui a du caractère. Etablissez vos règles mademoiselles ! Je ferai en sorte qu’on les respecte ! Faisons un essai, disons trois semaines. Nous verrons bien si elles seront efficaces ! »
Il avait un petit ton condescendant… Insupportable ! Avec les vacances qui arrivent je vais avoir plus de temps ! Heureusement, par ce que je risque d’en avoir besoin ! Victoire referma son journal. Mais elle ne se souvenait que trop bien de la suite ! Du temps, oui il en avait fallu, et de l’énergie. Surtout avec Kevin. Cathy était adorable et ne posait aucun problème, le plus jeune n’avait pas encore les moyens de discuter avec un adulte. Mais avec lui et avec les adultes la lutte avait été longue. Et finalement il avait cédé, pas avec les autres, mais face à elle oui, et ses notes étaient sensiblement remontées.
5 janvier
Voilà, c’est déjà beaucoup mieux, en fait il suffit de rester calme mais je dois reconnaître qu’avec lui ce n’est pas forcément le plus facile. Il voulait juste être traité comme un grand où plutôt se sentir responsable. Je crois que je vais continuer à leurs donner des cours !
L’adolescente se leva laissant le journal ouvert sur son lit pour retourner s'assoire par terre sur la terrasse. L’ambassadeur, au nom du père, lui avait demandé de continuer les cours. Et elle avait hésité à arrêter. Mais elle les aimait bien, ses notes étaient bonnes. Finalement elle avait diminué le nombre d’heures mais pas cessé les cours. Et puis tout allait bien, ce n’est que plus tard que les problèmes ont commencés, avec l’arrivée du fils cadet.
Malgré la chaleur ambiante elle frissonna. Ce jour là aussi elle avait faillit tout stopper, d'ailleurs c'est ce qu'elle avait fait, sans répondre aux questions que lui avait posé l'ambassadeur.
Lundi 3 Avril.
Je suis mal barrée ! Mais comment ais-je pu atterrir dans cette histoire de fou ? Et qui me croira si j’en parle ! Je n’aurais jamais du accepter d’aller là bas! Mais qui aurait pu prévoir que cela tournerait de cette façon ! Dire que tout a commencé avec des cours du soir. Christine m’avait prévenu qu’il cherchait une répétitrice pour deux enfants de dix et huit ans et qu’elle m’avait recommandée. Mais lorsqu’elle avait précisée que la situation était un peu spéciale je n’aurais jamais pensé à ça ! Mais que c’est –il passé ? Comment cela a-t-il pu dériver de cette façon ?
L’adolescente ferma son journal brutalement incapable de continuer à écrire. Elle essaya de calmer les tremblements de sa main sans réussir ! Elle se leva brutalement et repoussa les rideaux pour atteindre la terrasse.
La maison s’élevait face à la mer, et derrière les grilles, la vue s’étendait à l’infini sur l’océan. L’eau turquoise se confondait avec le ciel et les récifs émergeaient par endroit ! Lorsqu’elle était arrivée ici, elle avait éprouvée un sentiment de liberté totale ! Maintenant le paysage de carte postale lui semblait représenter la plus sûre des prisons. Ecoeurée elle fit demi tour pour retourner sur son lit, couchée, les bras en croix, les yeux fixés sur le plafond elle repensait à tout ce qui c’était passé en quatre mois ! Tout avait commencé après le cours de bio. La prof l’avait arrêtée pour lui parler seule à seule. Elle l’entendait encore.
-Victoire, quelqu’un m’a appelé à ton sujet !
-Ha !
-Ils auraient entendu parler de toi par madame Taliend !
-J’ai donné des cours à son fils il y a quelques semaines ! Mais je ne vois pas bien comment elle pourrait avoir votre numéro je ne me souviens pas avoir jamais évoqué votre nom devant elle ! Je ne crois même pas avoir donné le nom du lycée !
-Je ne peux pas répondre à cette question. Néanmoins cette personne voudrait que tu donnes des cours à deux voir trois de ses enfants !
-J’ai arrêté de donner des cours. D’ailleurs je l’avais précisé à…
-Il le savait mais il tenait absolument à ce que se soit toi ! En fait, l’un des enfants en question est légèrement, comment dire…
-Autoritaire !
-C’est ça ! Et il semble persuadé que tu serais capable de lui donner les cours ! Il a précisé qu’il te payerait bien ! Très bien même si j’ai compris !
-Ce n’est pas une question d’argent mais un problème de temps ! A propos de temps je vais être en retard en anglais ! Je suis désolé qu’ils vous ai appelée chez vous !
-Ce n’est pas très grave ! Ils ont dit qu’ils t’appelleraient ce soir !
-Merci !
L’adolescente se redressa pour regarder de nouveaux la mer ! Ils avaient appelés ! Et finalement après une heure de discussion elle avait accepté de faire un essai, mais quand elle avait demandé où elle devait se rendre, la réponse l’avait surprise !
-Prenez vos papiers d'identité sinon on ne vous laissera pas entrer!
A ce moment là elle était plus amusée qu'autre chose! Si elle avait su!